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« Mon petit frère » (pages 58 et 59 du livre)

Deux frères qui deviendront célèbres regardent le match de foot.

Gérard, le plus jeune, sera un journaliste « économico-politique » que l’on verra beaucoup à la télévision, notamment sur le service public.

L’aîné, Paul-Alain, fera chavirer le coeur des millions de fans pendant plus de 40 ans en chantant des chansons qui les toucheront. Le teint mat, de belles boucles brunes, allez, c’est facile de deviner qui il deviendra.

Il se fera connaître sous le prénom de Julien, et si les frères sont différents, si qu’ils sont nés du même père, mais n’ont pas la même mère. C’est le thème de la chanson « Double enfance ».

Gérard Leclerc et Julien Clerc (2009) – Source Pure People

Fin février 2009

22 enfants ont été brodés

 

« Moment de détente » (pages 18 et 19 du livre)

Cette scène voit intervenir trois petites filles qui n’ont jamais pu partager quelques instants ensemble, puisqu’elles n’ont pas grandi aux mêmes endroits, et ne sont pas de la même génération. A chaque point, je refais leur vie… je suis totalement avec elles
(ou eux quand il s’agit de petits bonshommes).

De gauche à droite : Flo(rence), Viviane et  Maddly.

Flo a revêtu sa tenue de petit marin et rêve du grand large. Sait-elle déjà qu’elle deviendra « la petite fiancée de l’Atlantique », première femme à gagner la route du Rhum et pionnière qui ouvrira la voie à de nombreuses navigatrices ?

Pour les grenoblois, le nom de Florence Arthaud est associé à la plus grande librairie de la ville, premier éditeur de livres de montagne (fin XIXe) et dont son père Jacques sera l’héritier. Il cèdera les Editions Arthaud à Flammarion, mais la librairie est toujours là, à Grenoble.

Pierre Bachelet lui dédiera une chanson ; elle participera à l’interprétation.

Viviane aura un destin moins célèbre, mais tellement important pour moi : elle deviendra ma mère. Née juste avant la déclaration de la 2e guerre mondiale, elle sera toute sa vie une boulimique de lecture. Enfant, quand sa mère la surprendra en train de lire, elle lui dira
« T’as rien à faire ? Va passer la wassingue dans la cuisine ».

Je lui ai toujours connu cette passion des livres et elle dévorait tout, des romans policiers au théatre classique, en passant par les grands auteurs des 18e, 19e et contemporains. Elle lisait même nos livres de la bibliothèque verte !

Normal donc de la retrouver au square un livre à la main. Et normal aussi qu’aujourd’hui mon appartement soit envahi de ses bouquins dont je n’arrive pas à me séparer.

Et à droite, Maddly. Comme Eugénie, elle vient de la Guadeloupe. Toute jeune, elle va faire partie quelques temps des Clodettes, troupe de danseuses qui accompagneront Claude François  jusqu’à la fin de sa carrière…

Claude François au centre, Maddly à droite.

En 1971, elle rencontrera le grand Jacques, de qui elle partagera la vie jusqu’à ses derniers jours aux Iles Marquises.

Aujourd’hui, elle se consacre à l’écriture et réapparaît régulièrement dans
les médias pour parler de son grand amour.

Maman, en ce mois de mars 2009, tu aurais 70 ans. Voilà pour toi quelques
violettes que j’ai photographiées hier.

« Petit différend » (pages 24 et 25 du livre)

Voilà trois nouveaux enfants, ou plutôt deux presqu’extra-terrestres et une grande fille toute simple.

Regardez-moi ces deux-là qui se battent comme des chiffonniers ! Eh vas-y que je te tire les cheveux. Et toi prends ça dans les tibias !

Et pourtant, depuis trente ans maintenant, ils ont basé leur vie médiatique sur leur gémellité : complémentarité et complicité. Jamais l’un sans l’autre, Igor et Grichka, l’autre
finissant les phrases de l’un et l’un rebondissant sur les propos de l’autre, Grichka et Igor. La vulgarisation scientifique est leur domaine et pour que nous comprenions mieux, ils s’habillent en cosmonautes. Plus le temps passe, plus leur physique … surprend.

Heureusement, Isabelle passe dans le coin. Personne ne la connaît sous son vrai prénom : elle est Zazie pour tous. Et elle leur crie avec son petit filet de voix

Zen !

Zen, restons Zen.

Du sang froid dans les veines, Zen

Plus de choc à la chaîne, Zen.

Du calme à la vie comme à la scène,

Sans amour et sans haine

« Les spectateurs » (pages 56 et 57 du livre) – « Partie de foot » (pages 52 à 55 du livre)

On avance, on avance, on avance…

Dans cette scène, trois petits garçons : un noir qui marquera l’Histoire, et deux petits blonds qui marqueront mon histoire.

Barack, enfant afro-américain né d’un père kényan et d’une mère américaine deviendra le premier président noir des Etats-Unis d’Amérique. Porteur d’un immense espoir pour le monde entier, souhaitons qu’il ne nous décevra pas. Parce que les icônes qu’on adore peuvent parfois se révéler n’être que des hommes et des femmes avec leurs imperfections, et nous faire tomber de haut.

Et les deux petits blonds ? Ils sont nés à vingt-deux jours d’écart.
Frédéric, aux yeux bruns comme sa mère, et Antoine aux yeux verts comme sa mère. Ils auront bientôt 22 ans et bien que cousins sont aussi dissemblables que le sont Arnaud et François.

Frédéric et Antoine en 2009

J’ai montré ma toile à ma fille et lui ai demandé : à ton avis, comment s’appellent ces deux petits blonds ? Pour elle, il était évident que celui avec le pull jaune soit son petit frère,  Frédéric. Pourquoi ? A cause de ses pieds. En effet, Frédéric est né avec les deux pieds-bots (pied-bot varus équin bilatéral).

Des soins contraignants, un suivi technique formidable de la part du service d’orthopédie pédiatrique du CHU de Grenoble, trois interventions chirurgicales, pas de réponse à notre principale question « Pourquoi ? », de la souffrance, des plâtres, beaucoup de doutes sur l’avenir, de la patience, du courage, aucun soutien psychologique, … Frédéric a surmonté ce
handicap et a souvent forcé mon admiration : jamais de plaintes, jamais de jérémiades. Il a tout encaissé, « comme un grand ». Et continue d’être suivi encore aujourd’hui.

Au 31 mars 2009

nous avions brodé 31 enfants

« Partie de foot » (pages 52 à 55 du livre)

Voilà trois petits garçons qui sont tous très liés : Jean-Marc en rouge, et Joël et
Jean-Luc (qui shoote) en bleu. Tous les trois font partie de mon arbre généalogique !

Jean-Marc : que dire de lui ? C’est mon petit frère ; il n’a que 16 mois de moins que moi. Toute mon enfance, j’ai pensé qu’il était le chouchou de ma mère.

Et quand on y regarde bien, comment aurait-ce pu être autrement ? Il était si mignon, si gentil et serviable. Taquin aussi à ses heures. Et avec l’âge, il a développé un humour qui fait de lui le chouchou de ses neveux. Jean-Marc, chouchou à vie !

On se bagarre, on se chamaille,

mais pour faire des bêtises on est toujours d’accord !

Fâchés pour un jour…

frère et soeur pour toujours !

Joël et Jean-Luc : ces deux frères ont moins de dix-huit mois d’écart. Joël, l’enfant sage, le contemplatif parfois indolent ; Jean-Luc, le renard qu’on ne peut apprivoiser (ce sont des mots de sa mère que j’ai retrouvés dans un journal qu’elle tenait), vif et espiègle.

Mais un drame fera d’eux des quasi-jumeaux, inséparables, lui pour moi et moi pour lui : leur mère meurt en mettant au monde un petit frère qui partira avec elle. Joël a douze ans, Jean-Luc dix et demi. Et à partir de cette période, il vont être trimbalés chez des tantes, leur père étant totalement absorbé par ses missions pastorales. Ils vont quitter l’Ile de Ré pour les Pyrénées. Puis la Roche-sur-Yon.

Il ne se sépareront presque jamais, jusqu’à ce que Jean-Luc rencontre Viviane qu’il épousera à l’âge de trente ans.

Pendant dix ans encore, les frères se retrouveront le plus souvent possible et j’ai des souvenirs de vacances à l’Ile de Ré où l’on célébrait mon anniversaire en même temps que celui de Joël, puisque que nous sommes nés le même jour.

Photo de gauche : dans l’Ile de Ré, dans l’Auberge de Jeunesse tenue par mes grands-parents à La Flotte (env. 1940) Photo de droite : à Londres, début des années 50.

A l’age de 42 ans, Joël épouse Jacqueline.

Joël était mon oncle, Jean-Luc mon père (et celui de Jean-Marc et Martine). Tous deux nous ont quittés aujourd’hui. Ils auraient 83 et 81 ans en cette année 2009.

Jacqueline est le seul lien qui me reste avec mes ascendants côté paternel.

« Partie de foot » (pages 52 à 55 du livre)

Nous sommes toujours sur la scène de la partie de football. On y trouve cette fois ci une petite supporter aux yeux bridés, et deux petits garçons qui n’ont pas grand chose à faire sur un stade !

 

Yoko est japonaise. Elle a aujourd’hui 76 ans et une longue carrière d’artiste  « expérimentale » commencée à l’âge de 14 ans. Théâtre, peinture, musique, cinéma,
composition, politique … dans quel domaine est-elle la plus connue (reconnue ?) Pour moi, elle est celle qui a rencontré John Lennon quand j’avais 10 ans, et sans connaître leur histoire, elle reste dans mon esprit la responsable de la séparation des Fabulous Four.
J’ai aussi le souvenir de photos où elle posait nue avec John (photos qui passaient pour provocantes à l’époque) et d’histoire de drogue auxquelles je ne comprenais rien. Je n’avais pas « capté » qu’ils étaient des militants de la paix…

 

Patrick : et hop une patte en l’air, et hop un entrechat. Mais que fait-il là ? Il va vite comprendre que sa place est plus sur la scène de l’Opéra que sur un stade ! Et il avait bien raison, puisqu’après des années d’apprentissage, il deviendra danseur étoile à l’âge de 21 ans. Aujourd’hui, Patrick Dupond a 50 ans, et après un terrible accident de la circulation et une rééducation difficile, il danse à nouveau et revient sous les projecteurs dans une comédie musicales et un programme de télé-réalité.

Photo Jeanloup Sieff

Et maintenant Cyrille !

Celui-là ne fait pas partie de mes rêveries … il est bien réel. Il a maintenant 27 ans et c’est le premier de mes enfants. Un enfant pas toujours facile, velléitaire qui a tout commencé :

  • l’athlétisme : à 6 ans, il a gagné une coupe : celle du plus jeune participant dans un cross de notre municipalité. A 7 ans, il a abandonné l’athlétisme !

  • le karaté : il est ceinture jaune,

  • le ski : il a sa 1re étoile 3e étoile,
  • l’équitation : il a son « Galop 1 »
  • le foot : une séance d’entraînement à l’issue de laquelle il aurait fallu courir chez Décathlon pour acheter tout l’équipement : les crampons, parce qu’il glissait et surtout les protège-tibias, parce que sinon il ne pouvait pas tacler. Heureusement que nous avons résisté : le samedi suivant, il ne voulait pas y retourner.

  • la natation : l’appréciation de son professeur d’EPS sur son bulletin de notes qu’il faisait de la « survie » plutôt que de la natation !

Il s’est aussi essayé à l’escalade, au basket, au tennis… je ne sais même plus tout ce qu’il a voulu tenter !

Il a aujourd’hui trouvé sa voie dans le milieu musical : le sport, ce n’était définitivement pas pour lui. Sauf si nous avions eu à l’époque suffisamment de flair pour créer un sport combinant le patin à roulettes et le hockey, pas sur glace ni sur gazon,  mais sur ciment (casque de moto Papy « années 40 » et genouillères obligatoires) … et surtout sans règle à respecter. Là, je crois que Cyrille aurait fait des étincelles !

Bévenais se situe dans le nord de l’Isère, un endroit appelé « Les Terres Froides ». Mes parents ont toujours dit qu’il y régnait un micro-climat, c’est pourquoi il faisait froid partout … sauf à Bévenais.

Cette maison qu’ils avaient achetée en 1985 à la retraite de mon père a nécessité de nombreux travaux avant de devenir « habitable » (notamment aménagement d’une salle de bain et de sanitaires). C’est une construction typique de cette région : murs en pisé (matériau de construction constitué de terre argileuse mêlée de paille ou de cailloux),
décorés avec des galets. Le pisé est un très bon isolant : les maisons sont chaudes l’hiver et fraîches en été.

Il y avait aussi une grange, une écurie, un séchoir à noix … le paradis pour mon père qui disposait de beaucoup de place pour bricoler, l’enfer pour ma mère qui détestait ce village qu’elle appelait « l’antichambre du cimetière », étant donné la moyenne d’âge élevée des
habitants.

Mes parents l’ont revendue en 1995, car malgré tout son charme, cette maison n’était pas fonctionnelle. Ses escaliers étaient de vrais casse-gueule !

Depuis, Bévenais n’étant situé qu’à une bonne quarantaine de kilomètres de Grenoble connaît un bel essor. De jeunes couples ont racheté des maisons qu’ils ont rénovées, des lotissements se sont construits. Des enfants vivent à nouveau au village, ce qui a rajeuni la
population.

Cyrille et sa chienne Svink (2010)

« Partie de foot » (pages 52 à 55 du livre)

Aujourd’hui, ça devrait aller vite pour évoquer les enfants que j’ai brodés. De deux d’entre eux, je ne connais quasiment rien, voire rien.

Sur le dos, tel une tortue retournée, Ferdinand. Je ne le connais pas… je sais juste qu’il se prénomme Ferdinand.

A quatre pattes, c’est Didier. Lui je l’ai bien connu. Il est là, parce que malgré tout et surtout depuis que je n’ai plus travaillé avec lui, j’ai beaucoup de sympathie pour lui. Mais il a été ma hantise pendant quelques mois : j’ai été son assistante, ce qui pour lui voulait un peu dire « bonniche », « femme à (presque) tout faire »… et le tout avec le sourire, ce qui évidemment me faisait bouillir. Je vivais ce harcèlement psychologique comme une injustice, parce que je n’étais pas venu à ce poste pour travailler avec lui, mais en attendant que je me libère de mon autre fonction, les filles en place avaient joué un savant jeu de chaises musicales, et quand je suis arrivée, on m’a annoncé que c’était lui le chargé d’affaires dont je devrais être l’assistante. Après tout, malgré mes presque quarante ans, c’était moi la nouvelle !

Je dirais de lui : « on commence par chercher la petite bête sur un terrain de foot à 7 ans, et on devient chargé d’affaires enc***** de mouches dans une multinationale quelques années plus tard ».

Oui Didier, si tu passes par là : même si maintenant j’en ris, tu m’as fait souffrir.

Quant au dernier enfant, le plus « massif », c’est David. Un grand champion dans un sport auquel je n’ai jamais rien compris malgré beaucoup d’efforts et d’attention pendant les jeux des diverses olympiades d’été : le judo.

Je n’ai compris qu’une chose : celui qui fait 一本 a gagné.

Le match a été court : Jacques a fait 一本, Shanghai a perdu !

David Douillet,  c’est aussi le parrain de l’opération « Pièces Jaunes » depuis 1997.

Ah oui, 一本 veut dire IPPON !

30 mai 2009

40 enfants brodés !

– à suivre –

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