Au Nord…

PASSANT, JE T’EN PRIE

UN INSTANT, ARRETE TOI

J’ai vu la longue marche des mineurs

Défilant le long de mon pan

Quelque soit l’heure

Vers leur besogne marchant

Du pas des gens pressés

En tout temps, hiver comme été

J’ai vu des larmes, entendu des sanglots et plaintes

J’ai vu des révoltes, des résignations.

Des rires, des chants de victoire, d’amour

D’hommes, de femmes, qui ont fait, ce qui est

Un passé de gloire, de luttes, de meurtrissures.

N’OUBLIE PAS

JE TE LE DEMANDE, MOI LE MUR

DU POINT DU JOUR

Film tourné en ces lieux en 1948

Par Louis DAQUIN

La mine

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Les terrils aujourd’hui

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Maisons du bassin minier

(Liévin, Saint-Amé, Bully-les-Mines, …)

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frisecoeur

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La semaine dernière a été pour moi une semaine pleine d’émotions : quatre jours sur le chemin de mon enfance.

Je vais commencer par ma région natale : le Pas-de-Calais. Mes parents l’ont quittée alors que je n’avais que deux ans. Ils ont laissé derrière eux toute ma famille maternelle, pour un emploi plus rémunérateur pour mon père.

A partir de là, nous n’avons plus vu mes grands-parents, oncles et tantes qu’une fois pas an, les bonnes années ; tous les dix-huit mois autrement.

Et pourtant, que de souvenirs dans cette région ! Mes grands-parents habitaient le bassin minier où ils tenaient un commerce de tout : dans la « Maison Maquet », on trouvait de l’alimentation, de la bonneterie, de la quincaillerie, des chaussures, … tout ! La majorité de la clientèle était composée de mineurs, enfin de femmes de mineurs, qui réglaient leurs achats à la quinzaine, au moment de la paye de leur mari. Ce jours-là, elles se dépêchaient de venir régler leur ardoise, avant que leur homme n’aille boire leur quinzaine au bistrot. Ce n’est pas du Zola. C’est ce que j’ai vu dans le début des années soixante.

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Quand nous sommes partis, Jean-Jacques, le petit frère de ma mère, n’avait que quinze ans.

Jean-Jacques : il était vraiment bellot.

Sa vie d’homme a été faite de bonheurs, mais aussi de tourments, d’accidents, d’erreurs … Après une brillante carrière dans la banque en Anjou et le naufrage de sa vie familiale, il est revenu à Bully-les-Mines. Il habite à quelques centaines de mètres de la maison de mes grands-parents.

Le magasin abrite aujourd’hui une auto-école. Le petite poste d’essence est à l’abandon.

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frisecoeur

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Bon, ce matin du 5 août, la dernière chose à laquelle je m’attendais, c’était aller voir Jean-Jacques. Il y a tant de belles choses à voir en Picardie ! Et pourtant, il m’a suffi d’un coup de fil pour bouleverser tous nos projets. Allez hop les chiens, en voiture : on va à Bully-les-trous, comme disait mon père.

En parlant de chiens, nous avons cru qu’ils étaient malades et pétaient à tout-va dans la voiture. Mais non : ce devaient être les engrais que les agriculteurs répandaient sur leurs propriétés.

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Jean-Jacques nous a accueillis comme des princes, avec les moyens du bord : les meilleurs.

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Il avait cuisiné pour nous. Il m’a fait des frites comme quand j’étais petite, des frites comme on n’en mangeait que chez ma grand-mère. Et le repas s’est fini avec l’incontournable Maroilles. On en trouve ici maintenant, mais pas du si bon !

La statue au centre en haut trônait sur la cheminée d’une chambre chez ma grand-mère, la chambre dans laquelle nous n’avions pas le droit d’aller. Elle avait été rapportée de Lourdes en 1948 par la femme de ménage de mes grands-parents qui avait voulu se faire pardonner d’avoir brûlé Jean-Jacques en renversant une casserole d’eau bouillante sur son bras.

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Jean-Jacques, malgré ses problèmes de santé garde un moral d’enfer et un humour à nul autre pareil. Ce que nous avons ri ! Il a beaucoup évoqué ma mère, qui bien que de six ans son aînée, a sans doute été sa meilleure copine.

J’ai été très perturbée de retrouver son regard « bleu si vert » dans celui de Jean-Jacques. C’était très émouvant de la voir revivre en lui.

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Nous étions attendus chez ma tante dans l’Oise, alors nous ne nous sommes pas attardés. Nous avons juste fait un petit détour par le parc mémorial de Vimy, le monument canadien, les tranchés et les champs de batailles qui n’ont toujours pas cicatrisé des obus de la première guerre mondiale.

Le Monument Canadien

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Les champ de bataille

La dernière fois que nous sommes allés à Vimy, c’était il y a une quarantaine d’année avec mes grands-parents. Nous ne risquons pas d’oublier cette aventure. Mon grand-père, alors âgé de plus de soixante-quinze ans conduisait, comme s’il était seul sur la route. Je crois que Jacques a eu très peur !

A l’époque, les gens pique-niquaient ici, et les enfants couraient dans les cratères laissés par les obus.

Aujourd’hui, tout est ceinturé par des barbelés. Il se peut qu’il reste des explosifs enfouis dans le sol.

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frisecoeur

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Jacques, merci d’avoir fait le taxi. J’ai passé une journée inoubliable.

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frisecoeur

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A bientôt

Catherine

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9 commentaires pour Au Nord…

  1. Annie 88 dit :

    Beaucoup d’émotions dans ce récit de voyage au pays de l’enfance….mais çà fait du bien la nostalgie.

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  2. izadu dit :

    merci pour la page d’histoire que des bon souvenir moi je suis de dunkerque

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  3. merci pour ce petit voyage dans le Pas de Calais, plein de tendresse, d’émotions, ….
    Tes photos sont très belles ainsi que les montages en coeur !
    Bizzz

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  4. noellebrode dit :

    Beaucoup d’émotion en lisant ton récit!
    Bises

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  5. caprice37 dit :

    Que d’émotions et de souvenirs dans ton message, les souvenirs d’enfance ne s’oublie jamais!!!!
    Ah les frites du Ch Nord (avec de la graisse de bœuf) les vrais, les meilleurs et le maroilles quel régal….mon mari est originaire du Nord et nous y allons régulièrement, nous allons à Maroilles pour en ramener (ma belle sœur n’habite qu’à une vingtaine de km)…..
    Je suis originaire du Centre, mais j’adore aller là bas, les gens sont encore accueillants, leur porte toujours ouverte…
    Je t’embrasse

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  6. Chantal dit :

    Un beau périple plein de nostalgie.
    Les souvenirs d’enfance sont un trésor à ne pas perdre et aussi à transmettre.
    Les souvenirs culinaires sont toujours agréables à retrouver. M’en vais faire une tarte au Maroilles, tu m’as donné envie.
    Merci pour ce partage et ces anecdotes.

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  7. MissParker dit :

    Cc Catherine … Merci pour cette page remplie d’émotions !!!!!!!!!!!
    Douce soirée, Bisous, Caresses aux Toutous 😉

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  8. babeth dit :

    Que d’émotion dans ton récit. La nostalgie de ton enfance est bien résumée dans ce reportage riche de belles photos
    Tu as eu bien raison de faire ce voyage, c’est des moments forts qu’ils faut pas oublier ;ils nous ont aider à nous construire
    Bon retour et bonne ballade avec les chiens fidéles

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  9. lecracleur dit :

    une aventure humaine tout simplement avec ses joies , ses peines, ses souvenirs.
    des bonnes frites hummmmm ! ce n’est pas la frite de foire

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