Régine est partie par un beau jour de printemps

Si le printemps est résolument rose quand je regarde par la fenêtre, dans les Alpes de Haute-Provence, sur la route entre Esparron-de-Verdon et Manosque, il est jaune et mauve.

Ces petits iris poussent par milliers entre les jonquilles, et je me souviens avoir vu il y a quelques années des promeneurs en foule venir les cueillir… bien que ce soit formellement interdit.

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Ces jours-ci,  je m’offre un petit intermède broderie, une petite parenthèse au milieu de mes ouvrages au long cours. J’ai eu un coup de foudre pour un petit abécédaire offert ICI par Katia il y a deux ans.

Brodé sur lin Zweigart Edinburgh 14 fils, avec un fil de Morphée sur deux fils de trame.

 

En le brodant, je me disais que ces couleurs me rappellent quelque chose ! Eh ben oui…

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Les arbres sont au top de leur floraison, mais encore quelques heures de vent comme nous en avons eu ce matin, et nous aurons une pluie de pétales !

percevalière seyssinet-pariset

 

 

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Ce 3 avril, en fin de journal télévisé, la nouvelle tombe comme un couperet : « L’écrivain Régine Deforge est morte aujourd’hui. Elle avait 78 ans ».

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Je parlais d’elle avec une amie la veille. Nous évoquions son côté libre et libéré. Un plateau de télévision, où des femmes avaient raconté leur sexualité avec la complicité coquine de Sophie Davant,  était à l’origine de notre conversation.

J’avais découvert Régine Deforges fin des années 70 grâce à deux récits : « Blanche et Lucie », où elle racontait la vie de ses deux grands-mères et surtout avec « Le Cahier Volé », son histoire à elle.

Les deux femmes du roman de Régine Deforges, pour bourgeoises ou rustiques qu’elles soient, et d’ailleurs d’une aristocratie naturelle, nourrissent elles aussi, avec simplicité, une passion amoureuse d’abord comblée, mais que la vie rend héroïque. Quant à la femme qui, à travers la petite fille, dit  » Je « , Eros, pour elle, est aussi la passion mortelle et la jalousie meurtrière. Eclairs avant-coureurs, bien entendu : nous n’en sommes qu’à l’enfance, première étape d’une autobiographie romanesque où celle qui écrit ne fait pas très bien elle-même la part de l’imaginaire. Par là, autant que par la vivacité de la sensation, le goût de chair et de fruit, la saveur terrienne et terrestre, Régine Deforges est la fille de Colette. Yves Florenne, Le Monde « 
Dans Le Cahier volé, on retrouve Léone, la petite fille aux appétits violents de Blanche et Lucie. Elle a maintenant quinze ans et tient, dans un cahier, un journal intime où elle évoque les sentiments passionnés, exaltés, réciproques d’ailleurs, le véritable amour sentimental et sensuel qui la lie à une amie de collège. Sous forme romanesque, une histoire vraie, le tableau d’une petite ville de province à une époque où les remous de 1968 n’avaient pas encore balayé les tabous d’une morale très étroite.
(Source Amazon.fr)

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Le lendemain, soit le jour de sa mort, je parlais encore, mais indirectement, de Régine Deforges avec une autre amie. Nous papotions au sujet des adaptations cinématographiques de livres qui souvent nous décevaient, car le livre c’est l’imaginaire. Je lui disais que si Laetitia Casta était une magnifique Léa, l’adaptation filmée de « La Bicyclette Bleue » ne m’avait pas emballée du tout.

J’avais vibré avec Léa, premier épisode d’une longue saga qui finalement avait fini par m’essouffler. J’ai dévoré les trois premiers volets.  J’ai abandonné au milieu du quatrième.  Les trois suivants sont sur une étagère, héritage de ma mère. Quant aux trois derniers, je les découvre en rédigeant ce petit billet.

Cycle La Bicyclette bleue
  • 1981 : La Bicyclette bleue (Fayard)
  • 1983 : 101, avenue Henri-Martin (Fayard)
  • 1985 : Le Diable en rit encore (Fayard)
  • 1991 : Noir tango (Fayard)
  • 1994 : Rue de la Soie (Fayard)
  • 1996 : La Dernière colline (Fayard)
  • 1999 : Cuba libre ! (Fayard)
  • 2001 : Alger, ville blanche (Fayard)
  • 2003 : Les Généraux du crépuscule (Fayard)
  • 2007 : Et quand vient la fin du voyage (Fayard)

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Régine Deforges est à nouveau entrée dans ma vie par l’intermédiaire du point de croix.

En 1986 et 1987, elle a publié avec son amie Geneviève Dormann deux ouvrages sur le point de croix, déringardisant ainsi la broderie… temporairement seulement.

Ce n’est qu’en 2000 que je me suis adonnée au point de croix, et en parcourant les forums d’initiées, j’ai compris que ces deux livres étaient des « it-books ». Je les ai achetés, mais ce ne sont que des ré-éditions de 1998 pour « Le livre du point de croix » et 1995 pour « Marquoirs ».  Ces deux livres n’étant plus édités, mes rééditions ont quand même un peu de valeur, ne serait-ce que sentimentale !

Ce livre est une magnifique encyclopédie avec des photographies d’ouvrages anciens très bien mis en scène. Les ouvrages sont classés par thème et chaque thème est introduit par un texte (avec références historiques) de Geneviève Dormann ou Régine Deforges.

  • Relié: 221 pages
  • Editeur : Editions ALBIN MICHEL / DESFORGES Régine (1 octobre 1986)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226027904
  • ISBN-13: 978-2226027900

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Ce livre est une présentation de marquoirs anciens, avec leurs alphabets, leurs frises, leurs symboles pour que les brodeurs débutants puissent s’en inspirer afin de composer leur propres marquoirs.

  • Relié: 121 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (29 octobre 1987)
  • Collection : Les Livres du point de croix
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226031197
  • ISBN-13: 978-2226031198
  • Dimensions du produit: 31 x 24 x 2 cm

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Régine Deforges avait aussi participé aux premiers agendas de point de croix des éditions Mango.

Et voilà encore une page qui se tourne…

Catherine

 

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8 commentaires pour Régine est partie par un beau jour de printemps

  1. Lucette dit :

    J’ai apprécié tes commentaires sur l’oeuvre de Régine et la rétrospective de ses livres.Au fait tu as de la chance d’habiter une aussi jolie région . Bonne soirée

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  2. Piroshka dit :

    Eh oui ,c’est bien triste ! Je posséde un des deux livres sur le XXX .
    Il est beau le petit abécédaire .
    Bises

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  3. Catherine Dottin dit :

    Lire mais ne rien dire en dit surement plus qu’une longue phrase .
    Bises

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  4. Annie 88 dit :

    Enfin quelqu’un qui parle de Régine Deforges et de sa passion du point de croix. Elle possédait une magnifique collection de marquoirs anciens qui a fait l’objet d’un livre, je ne sais plus en quelle année. Merci Catherine d’en avoir parlé.

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  5. J’avais oublié Sophie déclencheur de notre conversation autour de Régine Déforges.

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  6. Marie des fées dit :

    Plus ca va plus on en voit tourner des pages et partir des personnes qui ont fait partie de notre paysage intime qu’elles soient publiques ou privées. Regine Deforges faisait partie de ces gens que j’aimais bien et qui me touchait. Merci d’en avoir parlé ( tres bien )

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  7. chris dit :

    Bel article ! et ta broderie a des tons magnifique !

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  8. Sylvie dit :

    oui, une grande dame s’en est allée, il nous en faudrait plus des « comme elle » …. je me souviens de ses livres broderie, mais n’aimant pas vraiment les marquoirs je ne les ai jamais acheté, c’est sûr qu’à présent, ils sont collectors !!! on a quand même peu parlé d’elle aux infos je trouve …bises

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